RISMA : Un RNPG de M MAD 10 à fin 2010 contre un déficit net de M MAD -149 une année auparavant ...

Fait : Publication des résultats annuels 2010.

Analyse : Tirant amplement profit de la reprise de l’activité touristique au niveau national comme en atteste la hausse de 11% des arrivées et des nuitées en 2010, les revenus consolidés de RISMA affichent une progression significative de 23% à M MAD 1 136,9 (vs. nos prévisions de M MAD 1 091,1) et ce, comparativement à une année auparavant. Cette situation s’explique principalement par :
  • • La bonne performance du SOFITEL Rabat JARDIN DES ROSES qui génère à lui seul près de 14% du total du chiffre d’affaires à M MAD 162 ; 
  • • La hausse de 4 points du TO global (taux d’occupation) à 64% ; 
  • • L’appréciation de 14% du PMC (prix moyen par chambre) à MAD 898 TTC ; 
  • • L’amélioration de 21% du RevPar (revenu moyen par chambre) à MAD 572 contre MAD 474 une année auparavant … 
  • • … Compensant largement le repli de 4% à M MAD 210 des revenus de l’hôtellerie milieu de gamme suite principalement à la fermeture du CORALIA PALMARIVA pour rénovation.
Pour sa part, le GOP consolidé (Gross Operating Profit, soit le résultat opérationnel avant amortissements, loyers, taxes, frais financiers et redevances) se hisse de 48% pour se fixer à M MAD 507, portant la marge de GOP à 45% contre 37% une année auparavant (contre une hausse de 2 points en PCC). Cette embellie est redevable notamment à la réouverture du SOFITEL Rabat JARDIN DES ROSES qui accapare M MAD 61 de GOP (contre M MAD – 46 à fin 2009).

Compte tenu de l’amélioration du GOP combinée à la réduction des loyers suite à la fermeture du CORALIA PALMARIVA Marrakech, l’EBE passe de M MAD 161 en 2009 à M MAD 314 en 2010 (+95%), établissant la marge d’EBITDA à 28% (contre 17% une année auparavant). A PCC, l’EBITDA se fixe à M MAD 270, en hausse de 33% par rapport à fin 2009.

De son côté, le résultat d’exploitation consolidé se bonifie de 5,9x pour s’établir à M MAD 127,5 (vs. nos prévisions de M MAD 139,2), renforçant de 8,9 points la marge opérationnelle à 11,2%. Le résultat financier creuse, quant à lui, son déficit à M MAD –103,6 contre M MAD –69,4 suite probablement à l’alourdissement de l’endettement nette. Compte tenu d’une quote-part dans le résultat net des sociétés mises en équivalence et des intérêts minoritaires déficitaires de M MAD –11,6 et de M MAD –19,1 respectivement, le résultat net part du Groupe se fixe à M MAD 10,0 (vs. nos prévisions de M MAD 3,2) contre un déficit de M MAD -148,9 une année auparavant, établissant la marge nette à 0,9%. Ce RNPG se décompose en 2010 comme suit :
  • • M MAD 89 provenant de l’exploitation du parc arrivé à maturité (hôtels en exploitation par RISMA depuis de 2 ans hors clubs CORALIA) ;
  • • M MAD -53 issus de l’exploitation des hôtels et projets « ou ouverture » (hôtels 3 étoiles en exploitation par RISMA depuis moins de 2 ans et participation dans SAEMOG) affectés par le poids des amortissements et des frais financiers ; 
  • • M MAD –4 (vs. M MAD -19 en 2009) provenant des Clubs CORALIA améliorés en 2010 grâce à la fermeture du CORALIA PALMARIVA Marrakech pour rénovation ; 
  • • Et, M MAD -22 de coûts de support.
Côté bilanciel, les capitaux propres consolidés de RISMA s’élèvent à M MAD 948,2 à fin décembre 2010, pour un total bilan de M MAD 3 939,2 (contre M MAD 3 494,6 une année auparavant). De son côté, l’endettement net de la société se hisse de 4,8% à M MAD 2 070,7, établissant le niveau de gearing à 160,5% contre 214,3% une année auparavant, suite à l’émission d’Obligations Remboursables en Action –ORA– portant sur M MAD 342,1.

En post clôture, la société a inauguré en janvier 2011 le nouvel IBIS à Tanger d’une capacité de 196 chambres tandis que les deux unités SOFITEL d’Agadir et de Casablanca sont en cours d’achèvement. En parallèle, RISMA poursuit le développement de la chaîne ETAP HOTEL dont les premières unités sont prévues en 2011. De même, le premier hôtel de la station MOGADOR, dont RISMA détient 40%, (SOFITEL MOGADOR GOLF & SPA) a été inauguré le 7 mars 2011.

… Et, une nouvelle augmentation de capital à venir

Sur le plan des perspectives et après examen du plan de développement 2014-2018 présenté par le Directoire, visant principalement à atteindre 65 unités hôtelières (contre 27 à fin 2010) et 10 000 chambres (vs. 4 050 à la même date) à horizon 2020, le Conseil de Surveillance de RISMA a approuvé à l’unanimité le principe d’une augmentation de capital de M MAD 500 (sur 2012-2013), dont les modalités seront définies ultérieurement.

Ce renforcement de capital devrait permettre à la société principalement de :
  • • L’accélération du développement sur le segment économique dans les grandes villes économiques du Royaume ; 
  • • Le développement de la présence du Groupe dans les zones logistiques en création ;
  • • La rénovation du parc existant pour maintenir la compétitivité et l’attractivité des unités actuelles en activité ; 
  • • L’accompagnement du projet de la station AZUR MOGADOR ;
  • • Et, le déploiement du concept SO à Casablanca et à Rabat (concept évolutif de restauration et d’animation).
Dans ces conditions, le Top Management de la société table sur un RNPG de M MAD 204 à horizon 2014 devant bénéficier principalement de l’arrivée à maturité du parc de RISMA actuel et en cours de construction. Enfin, RISMA a fait l’objet au cours de l’exercice 2009 d’un contrôle fiscal portant sur l’IS, l’IR, la TVA et la Retenue à la source au titre des exercices 2005, 2006, 2007 et 2008 pour un montant de M MAD 181. A ce titre, la société a contesté dans ses réponses la majeure partie des redressements notifiés par l’Administration Fiscale, bien qu’elle ait constitué, sur la base des estimations de ses conseillers fiscaux, une provision pour faire face à ce risque.

Conclusion : Au terme de l’année 2010, la filiale marocaine du Groupe ACCOR affiche des agrégats financiers en nette hausse, bénéficiant tant de la reprise de l’activité touristique au niveau national que de la réouverture du SOFITEL Rabat JARDIN DES ROSES. Toutefois, l’annonce de la nouvelle augmentation de capital remet en cause, a priori, l’engagement du Groupe de faire une pause dans ses investissements lourds pour permettre une rémunération plus rapide des actionnaires longtemps privés de dividendes.
BMCE Capital Bourse

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