BCP : Des performances grevées par la hausse du coût du risque

Fait : Publication des résultats annuels à fin 2009.

Analyse : La BCP constituée désormais du nouvel ensemble [BCP-BPR Casablanca] clôture l’année sur une bonne tenue de son activité comme en atteste l’évolution de ses principaux indicateurs d’activité. Dénotant de la poursuite de la dynamique de développement du corporate banking et de l’intégration en 2010 des Banques Populaires Régionales dans son périmètre de consolidation, l’encours des crédits sur la clientèle consolidés du Groupe BCP signe une ascension de 9,6% comparativement au 31/12/09 pour s’établir à MAD 146,1 Md dont 44,9% provenant de l’activité agrégée de la BANQUE CENTRALE POPULAIRE.

Celle-ci enregistre une croissance de 14,4% de son portefeuille de créances à la clientèle à MAD 65,6 Md incluant une hausse de 30,3% à MAD 21,5 Md des crédits à l’équipement combinée à l’augmentation de 15,8% à MAD 23,4 Md des crédits de trésorerie et à la consommation. En revanche, les crédits immobiliers affichent un léger recul de 1,2% à MAD 18,4 Md.

De son côté, le portefeuille obligataire de la Banque (près de 9% du total bilan) se délestent de 11,5% comparativement au 31/12/09 pour se fixer à MAD 19,1 Md. Parallèlement, les actifs financiers disponibles à la vente accusent un repli de 22,4% à MAD 12,9 Md après avoir enregistré un bond de 2x en 2009. Cette évolution est consécutive à la baisse de 77% des bons du trésor et autres mobilisables auprès de la banque centrale qui passent de MAD 6,1 Md au 31/12/09 à MAD 1,4 Md en 2010.

Pour leur part, les ressources consolidées limitent leur progression à 2% à MAD 177,4 Md à fin décembre 2010, (Vs. MAD 97,6 Md en 2009 pour BCP avant fusion) recouvrant une baisse de 31,6% à MAD 7,6 Md des ressources émanant des BPR et une progression de 4,0% à MAD 169,8 Md des dépôts de la clientèle. Ces derniers profitent d’une croissance de 18,2% à MAD 22,1 Md des dépôts à vue atténuée par un recul de 19,6% des dépôts à terme à MAD 18,4 Md. Dans ce contexte, le PNB consolidé s’améliore de près de 12,1% se fixant à M MAD 10 048,5. Cette évolution inclut :
- Une amélioration de 11,1% à M MAD 7 855,9 de la marge d’intérêt reflétant l’élargissement du portefeuille de crédits ; - Un accroissement de 13,1% à M MAD 987,7 de la marge sur commissions dont la part dans le PNB passe de 8,5% à près de 10% en 2010 ; - Et, une appréciation de 29,4% à M MAD 983,2 du résultat des activités de marché profitant vraisemblablement des cessions opérées sur le portefeuille de placement.

Pour leur part, les frais généraux (incluant les charges refacturées aux BPR) s’alourdissent de 7,8% à M MAD 4 153,7. Compte tenu d’un rythme de progression du PNB plus soutenu que celui des charges, le coefficient d’exploitation ressort en amélioration à 45,8% (vs 46,9% en 2010). Notons qu’avant l’opération de fusion du nouvel ensemble, le coefficient d’exploitation se fixait aux alentours de 30%. Au niveau des comptes sociaux, les charges générales d’exploitation augmentent de 7,9% se fixant à M MAD 1 971,6.

Le résultat brut d’exploitation progresse dans ces conditions de 14,5% comparativement aux comptes proforma 2009 s’élevant à M MAD 5 449,7. Côté risque, le coût du risque consolidé passe de M MAD 418,4 à M MAD 828,2 en 2010 (+M MAD 409,8). Au niveau des comptes sociaux, les dotations nettes de provisions aux créances en souffrance reculent de 7,2% à M MAD 95,4. Au final, le résultat consolidé augmente de 6% à M MAD 3 063,2.

Compte tenu du recul de 38% du résultat des BPR (qui vient en déduction du RN consolidé), le RNPG ressort en hausse de 66,5% à M MAD 1 773,2 (vs nos prévisions à M MAD 1 778,4). Signalons que le Conseil d’Administration du Groupe devrait proposer la distribution d’un dividende unitaire de MAD 8 (vs MAD 6 en 2009) fixant le Dividend Yield à 1,8% sur la base d’un cours de MAD 439 à l’issue de la séance boursière du 14 mars 2011.

Conclusion : En dépit d’une conjoncture économique difficile marquée par un accroissement du coût du risque pour l’ensemble des opérateurs bancaires, la BANQUE CENTRALE POPULAIRE parvient à enregistrer des réalisations financières en appréciation tirant notamment profit de son opération de fusion-absorption avec la BPR de Casablanca et l’intégration des BPR dans son périmètre de consolidation, ce qui lui octroie désormais sa dimension de banque universelle.
BMCE Capital Bourse

Aucun commentaire: