Bilan suite à la chute récente du marché : constat et recommandations

Selon l'expression même d'Alan Greenspan : "les bulles spéculatives sont des phénomènes de masse ou les analyses rationnelles font place à une exubérance irrationnelle".

En effet, la forte croissance de l'activité des groupes cotés a créé une confiance grandissante chez les intervenants du marché. L'arrivée de papier frais a attiré de nouveaux investisseurs mais également un certain nombre de spéculateurs. Cette tendance s’est accentuée par l’introduction en bourse des valeurs immobilières, secteur attrayant de par sa nature rassurante et familière pour les marocains.

Une euphorie s’est créée sur le marché, entraînant une bulle spéculative autour de ce secteur en particulier et des grosses capitalisations en général. Le marché devient surévalué atteignant en avril 2008 un plus haut aux environs de 30x les bénéfices. La chute violente qu’a essuyé le marché sur les 15 derniers jours n’est que la résultante d’une prise de conscience des investisseurs de cet état de fait. En situant les choses dans leur contexte, on s’aperçoit que la correction était inévitable.

Il y’a 5 mois, le marché était entré dans un état de stagnation, voire de baisse graduelle reflétant l’état d’esprit des investisseurs frileux. La situation de crise internationale entraînant au Maroc un mouvement de prise de bénéfice de la part des investisseurs étrangers a été l’élément déclencheur. Cet événement a été le signal attendu par le marché pour initier un réel mouvement de vente. Début de crise ou correction bénéfique ?

Contrairement à la baisse des marchés boursiers internationaux fondée sur une crise économique et financière, le marché marocain peut se targuer d'être adossé à une économie en bonne santé affichant un taux de croissance prévu pour l'année d’en moyenne 6,8% et 6,0% en 2009. Grâce au dynamisme de l'économie, les sociétés cotées marocaines affichent de solides fondamentaux et des résultats en croissance à deux chiffres, 32% en 2006, 18% en 2007 et 16% prévue en 2008.

Par conséquent, la baisse réalisée sur le marché n’est autre qu’une simple correction et ne peut s’apparenter en aucun cas à une crise. Et pour preuve les institutionnels locaux confiants en la solidité des sociétés marocaines cotées et de leur perspectives d’évolution n’ont pas cédé à la panique de ces 15 derniers jours, maintenant leur positionnement long-termiste sur le marché. Parallèlement, à l’analyse de la baisse, on remarque aisément que ce sont les secteurs les plus chers qui ont subit le plus l'impact de la correction. Il s'agit essentiellement du secteur immobilier et des BTP qui réalisent depuis 3 ans de très fortes performances entraînant une décorrélation des cours de leur fondamentaux.

A cet égard, la correction est profitable pour le marché. En effet, grâce à la baisse réalisée, celui-ci retrouve aujourd’hui des niveaux de valorisation moins élevés passant de 28,7x en août à 23,9x aujourd’hui.

Retraité des valeurs immobilières, le P/E du marché s’établirait à 18,5x. Au regard de ce dernier chiffre, et à l’exception du secteur immobilier, on peut aisément dire que le reste du marché est aujourd’hui correctement valorisé. Aussi, à la lecture de la cote, on s’aperçoit aujourd’hui que le marché recèle des opportunités d’investissement indéniables.

A ce titre, tout en conseillant de maintenir un comportement prudent, notre département réitère sa recommandation d’effectuer du Stock-Picking. Dans cette optique, nous sommes à l’achat sur les secteurs et les valeurs suivantes :

- Le secteur agroalimentaire qui affiche un P/E08e de 12,1x et un rendement supérieur à 7%. Aussi, sur la base des bons résultats au S1 et des perspectives intéressantes de développement de ses sociétés nous sommes à l’achat sur Lesieur et Cosumar.

- Le secteur de l’énergie et mines dont le P/E s’établit à un niveau faible soit 15,1x. Nous croyons particulièrement à la croissance opérationnelle des différentes sociétés qui le compose et plus particulièrement Samir, Managem, et SNEP.

- Le secteur distribution automobile qui bénéficie d’une conjoncture favorable et publie des résultats en forte croissance. Malgré la performance réalisée par ce secteur en 2008, il continue d’afficher un P/E intéressant de 15x.

- Le secteur des nouvelles technologies qui offre un potentiel d’évolution important au vu des projets lancés par ses sociétés. Sa valorisation en terme de P/E est la meilleure du marché, soit 10,6x.

Plus spécifiquement, à l’intérieur des secteurs les plus chers du marché, certaines valeurs demeurent intéressantes à l’achat. Il s’agit d’Holcim pour les cimenteries, BCP pour les bancaires, Auto- Hall dans la distribution automobile, Aluminium du Maroc dans les BTP, Delta dans les Holdings, et enfin Maroc Telecom, qui suite à la baisse, affiche un niveau de valorisation intéressant notamment un P/E de 16,5x et un rendement de 5,9%.

Notre conclusion est que la correction est aujourd’hui favorable. Elle devrait permettre au marché de renouer avec ses fondamentaux ainsi que de relancer l’activité après plusieurs mois de stagnation. Aussi, elle devrait offrir un nouvel élan à certaines valeurs de la cote autrefois pénalisées par la cherté de quelques grosses capitalisations de la cote.

Néanmoins, nous espérons que la reprise ne sera pas un événement déclencheur d’un nouveau mouvement d’euphorie pouvant, tel qu’on vient de le vivre, être pénalisant et dommageable pour l’ensemble du marché.
wafabourse

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